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Yannick Poulin
Les analyses de Yannick

La rente viagère et sa fiscalité, expliquées simplement

D'où vient la rente, comment elle est indexée, comment elle est protégée, et pourquoi une partie seulement est imposable. Le sujet le plus redouté du viager, sans jargon.

Yannick Poulin, expert en solutions patrimoniales et viagèresPublié le 4 septembre 20263 min de lecture
Ponton de pêche au carrelet sur pilotis de bois, filet suspendu au-dessus de la Charente, sous un ciel bleu parsemé de nuages
Tonnay-Charente, un carrelet au bord de la Charente

S'il y a un sujet sur lequel je reçois des questions à chaque rendez-vous, du côté de Rochefort comme sur l'île de Ré, c'est celui de la rente. Combien vais-je toucher, pendant combien de temps, et surtout : combien l'État va-t-il en prendre ?

Commençons par le commencement. La rente n'est pas une pension ni une aide : c'est le paiement échelonné de la partie du prix de votre bien que vous n'avez pas reçue sous forme de bouquet. Vous avez vendu, on vous doit un prix, et ce prix vous est versé chaque mois jusqu'à la fin de votre vie.

Comment le montant est déterminé

Le calcul enchaîne quatre étapes, toujours les mêmes. On établit d'abord la valeur du bien, celle qu'il aurait s'il était vendu librement. On en déduit, si vous restez chez vous, la valeur de votre droit d'occupation, ce qui donne la valeur occupée. On retranche ensuite le bouquet que vous souhaitez percevoir à la signature. Le solde est enfin converti en rente à l'aide d'un barème de conversion tenant compte de votre âge et, le cas échéant, de celui de votre conjoint.

Deux paramètres pèsent particulièrement. L'âge, d'abord : à valeur égale, une rente est plus élevée pour un vendeur plus âgé, puisqu'elle est statistiquement servie moins longtemps. La configuration ensuite : une rente constituée sur deux têtes, avec réversion totale au survivant, est plus faible qu'une rente sur une seule tête, car elle protège plus longtemps.

Le curseur entre bouquet et rente vous appartient. Plus vous prenez de bouquet, moins la rente est élevée, et inversement. Je présente toujours plusieurs répartitions côte à côte, parce qu'un tableau se discute mieux qu'un principe.

Une rente protégée : indexation et garanties

Une rente qui ne bouge pas pendant vingt ans perd son pouvoir d'achat. L'acte notarié prévoit donc une clause d'indexation, généralement adossée à un indice public de l'INSEE, avec une date de révision annuelle. Ce n'est pas un détail de rédaction : c'est ce qui fait qu'une rente reste utile dans la durée.

La sécurité du paiement repose sur trois clauses. Le privilège de vendeur, inscrit au fichier immobilier, vous place devant les autres créanciers de l'acquéreur. La clause résolutoire permet de faire résoudre la vente et de récupérer le bien en cas de défaut de paiement, les sommes déjà versées vous restant acquises selon les modalités prévues. La clause pénale, enfin, chiffre par avance l'indemnité due en cas de manquement.

Ces clauses figurent dans tout acte sérieux. Si l'une manque, ce n'est pas une négligence : c'est un signal. Je les vérifie systématiquement avant la signature, avec le notaire.

L'imposition : une fraction seulement

Venons-en au point qui inquiète. Contrairement à un salaire ou à une pension, une rente viagère constituée à titre onéreux, ce qui est le cas dans une vente en viager, n'est pas imposable en totalité. Seule une fraction de son montant entre dans le revenu imposable, en application de l'article 158 du Code général des impôts.

Cette fraction est fixée par la loi, une fois pour toutes, en fonction de votre âge au moment où vous commencez à percevoir la rente. Le principe est simple à retenir : plus vous êtes âgé à l'entrée en jouissance, plus la part imposable est faible. Une fois déterminée, cette fraction ne change plus, même si vous percevez la rente pendant vingt ans. Je vous indique le taux exactement applicable à votre situation lors du rendez-vous, et le notaire le confirme dans l'acte.

Le bouquet, lui, ne relève pas de ce régime. Il constitue une partie du prix de vente et suit le régime des plus-values immobilières des particuliers, avec ses exonérations, à commencer par celle de la résidence principale. Concrètement, un propriétaire qui vend son logement principal en viager n'est, dans la très grande majorité des cas, pas imposé sur son bouquet.

Un dernier mot sur les prélèvements sociaux : ils s'appliquent sur la même fraction imposable que l'impôt sur le revenu, et non sur la rente entière. Rien de tout cela ne remplace l'avis de votre notaire ou de votre conseil fiscal au vu de votre déclaration réelle : mon rôle est de vous permettre d'aborder ce rendez-vous en sachant de quoi l'on parle.

Cette analyse est fournie à titre informatif et pédagogique. Elle n'a aucune valeur contractuelle et ne remplace ni le conseil de votre notaire, ni celui de votre conseil fiscal. Chaque dossier est calculé individuellement, puis validé chez le notaire avant toute signature. Aucun rendement n'est garanti.

Yannick Poulin, expert en solutions patrimoniales et viagères

Royan (17200) · Charente-Maritime & Charente · 06 73 16 07 74

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Questions fréquentes

Pour répondre aux interrogations les plus courantes.

La rente s'arrête-t-elle si l'acquéreur revend le bien ?
Non. L'acquéreur peut revendre, mais l'obligation de vous verser la rente suit le bien et le nouvel acquéreur reprend l'engagement. Le vendeur d'origine reste en outre tenu si l'acte le prévoit. Votre privilège de vendeur et votre clause résolutoire restent inscrits : vos garanties ne disparaissent pas.
Et si mon conjoint me survit ?
C'est la clause de réversion. Elle prévoit que la rente continue d'être versée au conjoint survivant, en totalité ou en partie selon ce qui a été négocié. Une réversion totale protège davantage mais réduit le montant initial. Cet arbitrage se pose dès la première étude, pas au moment de signer.
La rente est-elle déclarée comme un salaire ?
Non. Elle se déclare dans la catégorie des rentes viagères à titre onéreux, et seule la fraction imposable déterminée par votre âge à l'entrée en jouissance est retenue. Le formulaire de déclaration prévoit une case dédiée : le notaire vous indique le taux à appliquer.